2026 n'est pas seulement une année chargée sur le plan footballistique, mais aussi une année particulièrement importante sur le plan politique.Dans les pays émergents notamment, de nombreuses élections étaient déjà au programme, notamment les élections présidentielles en Hongrie et en Colombie, qui ont entraîné d'importants changements de cap.
En Hongrie, la victoire du pro-européen Péter Magyar – et surtout la défaite de Viktor Orbán – a été accueillie avec enthousiasme par les investisseurs. En Colombie également, les marchés financiers ont réagi positivement après que le candidat De La Espriella, plus favorable aux marchés, a remporté de justesse les élections et succède ainsi au président d’extrême gauche Gustavo Petro. L'impact sur les marchés ne s'est pas fait attendre : depuis le début de l'année, les marchés boursiers hongrois et colombiens ont progressé respectivement de 35 % et 30 % (exprimés en euros). Les obligations d'État locales de ces deux pays figurent également parmi les obligations des marchés émergents les plus performantes à l'horizon 2026.
En octobre, tous les regards se tourneront vers le Brésil, où se tiendra en quelque sorte une revanche des élections de 2022. Le président sortant Lula, qui avait déjà gouverné de 2003 à 2011, affrontera Flavio Bolsonaro, le fils de l'ancien (et controversé) président Jair Bolsonaro.
Actuellement, les Brésiliens sont surtout captivés par la Seleção, l'équipe nationale de football qui vise un sixième titre mondial. Mais début octobre, l'enjeu pourrait être tout aussi important. Lula, populiste de gauche, affrontera alors Flavio Bolsonaro, populiste de droite, qui reprend le flambeau de son père, Jair Bolsonaro. Ce dernier est assigné à résidence en raison de son implication présumée dans une tentative de coup d’État après sa défaite électorale en 2022.
Les investisseurs suivent la campagne de très près. Leur attention se porte principalement sur les projets budgétaires etla vision des deux candidats concernant la dette publique qui augmente rapidement. À long terme, cela suscite en effet de réelles inquiétudes.
L'année dernière, Lula semblait encore se diriger vers une victoire confortable, mais au début de cette année, Bolsonaro a regagné du terrain dans les sondages. Au printemps, la course semblait donc totalement ouverte.Cet élan a toutefois été freiné lorsque Banco Master a fait faillite à la suite d'une affaire de fraude à grande échelle. Des enregistrements audio divulgués en mai ont révélé que le propriétaire de la banque avait eu des contacts avec Flavio Bolsonaro au sujet du financement d’un film sur son père. Bien que Bolsonaro n’ait pas été directement impliqué, cette affaire a eu un impact négatif sur son image. La corruption reste un sujet sensible au Brésil et figure parmi les principales préoccupations des électeurs. Pour l’instant, les répercussions sur Bolsonaro semblent limitées, mais cette affaire complique ses efforts pour rassembler un soutien politique plus large. Pendant ce temps, Lula tente de renforcer sa position grâce à des mesures populaires, telles qu’une réduction du prix du gazole et des conditions de crédit avantageuses pour les chauffeurs de taxi.
La course reste néanmoins particulièrement passionnante.Malgré ses atouts, Lula ne parvient pas pour l'instant à se forger une avance décisive, ce qui signifie que la campagne électorale peut encore prendre n'importe quelle tournure au cours des prochains mois.
Lula contre Bolsonaro
Pour l'instant, Lula semble mener avec une légère avance,mais tout comme lors de la Coupe du monde, un match n'est joué que lorsque le coup de sifflet final a retenti. Pour les investisseurs, la question se pose en outre de savoir dans quelle mesure le vainqueur final fera réellement la différence. En théorie, Flavio Bolsonaro est considéré comme le candidat le plus favorable aux marchés. De plus, il entretient de bonnes relations avec le président américain Donald Trump, ce qui peut constituer un atout dans un monde où les droits de douane reprennent de l'importance.
Pourtant, l'histoire montre que, sous Lula également, il était possible d'obtenir des rendements intéressants sur les actions et les obligations brésiliennes. En fin de compte, beaucoup dépendra de la ligne de conduite que les deux candidats adopteront au cours des prochains mois, des programmes économiques qu'ils présenteront et de l'équipe dont ils s'entoureront. Tout comme pour la Seleção, ce n’est donc pas seulement la star qui fera la différence, mais aussi la tactique et la qualité de l’équipe qui l’entoure.